La COMIFAC au Congrès Mondial de la Nature : Panel de haut niveau sur le futur des forêts du Golfe de Guinée

Organisée par le Programme Régional Forêt pour l’Afrique Centrale et Occidentale de l’UICN, le Panel de haut niveau sur «  le futur des forêts du Golfe de Guinée » a eu lieu ce 06 Septembre 2016, au Centre de Conférence de l’Etat d’Hawaii. Le Panel était modéré par le Pr. Aimé NINOGO, Directeur Régional de l’UICN pour l’Afrique centrale et Occidentale (UICN-PACO) et avait pour membres : (i) SE. Mme Aïda M’BO KEÏTA, Ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement Durable du Mali, (ii) M. Matin TADOUM, Secrétaire Exécutif de la COMIFAC, (iii) Dr. Charles A. BINEY, Directeur Exécutif de l'Autorité du Bassin de la Volta (ABV), (iv) M. Adama TONDOSSAMA, Directeur Général de l’Office Ivoirien des Parcs et Réserves (OIPR).

Dans son propos introductif le Pr. Aimé NINOGO, Directeur Régional de l’UICN-PACO, a bien voulu remercier tous les panelistes pour avoir répondu à l’invitation qui leur a été adressée par le Programme Régional Forêt de son institution, et présenter la problématique de la session de haut niveau sur le futur des forêts du Golfe de Guinée. Il a en particulier mis en avant le potentiel riche et très important pour la planète des écosystèmes forestiers du Golfe de Guinée mais qui malheureusement est « menacé de partout » avec des problèmes tels l’accaparement des terres, d’exploitation illégale des ressources forestières, etc. Pour lui, Il est donc question d’échanger les expériences et faire émerger les idées pour faire avancer la conservation des forêts du Golfe de Guinée.

M. Martin TADOUM, Secrétaire Exécutif Adjoint de la COMIFAC, ouvrant la série des échanges, a tout d’abord remercié l’UICN pour avoir convié la COMIFAC à participer à ce Forum relatif aux problèmes de conservation et de gestion durable des forêts du Golfe de Guinée. Il a ensuite présenté la COMIFAC, comme une institution sous-régionale mise en place par les Chefs d’Etats de l’Afrique Centrale depuis 2005, date à laquelle le Traité l’instituant à été signé, avec pour mandat d’accompagner les pays dans la conservation et la gestion durable des forêts du Bassin du Congo. « Les Forêts du Golfe de Guinée constituent un hot spot en Afrique et dans le monde en matière de conservation des écosystèmes » a-t-il souligné. Pour lui, les menaces sont réelles sur la biodiversité dans le Bassin du Congo comme ailleurs dans tout le Golfe de Guinée. Il a relevé pour le cas de l’Afrique centrale des menaces telles : (i) Le phénomène d’accaparement des terres pour l’agro-industrie et l’exploitation minière entre autre, (ii) les conflits d’utilisation des terres qui en découlent. Plusieurs secteurs  d’activités se développent et sont en compétition avec le secteur forestier sur les mêmes espaces, y compris le développement des infrastructures qui se mettent en place. « Il n’est pas question de ne pas se développer, au contraire tous les pays doivent se développer pour l’intérêt de nos populations. Il est toutefois question pour les pays, de développer et mettre en place des schémas d’Aménagement du Territoire, afin de pouvoir affecter de manière coordonnée les espaces pour les différents usages, garantissant ainsi la sécurisation des espaces forestiers. Il a également évoqué, le problème du trafic illégal des espèces emblématiques comme l’éléphant, alimenté par une demande toujours croissante sur les marchés internationaux, surtout en Asie. Il faut pour cela une réponse coordonnée au niveau international, et sous régional pour y mettre fin. La problématique de la conciliation nécessaire entre la conservation de la biodiversité et le développement local a aussi été évoquée. Les pays de l’Afrique Centrale sont bondés de richesses en matière de ressources naturelles, mais leurs populations vivant dans ou autour de ces écosystèmes sont les plus pauvres. IL est donc indispensable d’adresser ce problème, par la mise en place des initiatives locales qui poursuivent en même temps la conservation de la biodiversité et le développement local. C’est le lieu ici de noter qu’une illustration concrète de cette approche conciliant la conservation des écosystèmes et le développement local dans le Bassin du Congo, est en cours à travers le Programme d’Appui à la Conservation des Ecosystèmes du Bassin du Congo (PACEBCo). Le PACEBCo est un programme financé par la Banque Africaine de Développement, en réponse aux préoccupations exprimées par les Chefs d’Etats pour soutenir la mise en œuvre du Plan de Convergence de la COMIFAC. Ce Programme a produit à ce jour d’importants résultats concrets sur le terrain en matière de conservation de la biodiversité et surtout en ce qui concerne l’amélioration des conditions de vie des populations, avec la réalisations dans les paysages des infrastructures facilitant l’accès aux services sociaux de base pour les populations locales et autochtones (Eau potable, Ecoles pour l’éduction, Centres de santé Communautaires, etc.).

Le Directeur Exécutif de l’Autorité du Bassin da la Volta, le Dr. Charles A. BINEY, a pour sa part fait savoir que la région du Bassin de la Volta fait face aux mêmes préoccupations, et a émis le vœu que l’UICN facilite la mise en place d’une plateforme  de dialogue entre les deux sous-régions du Golfe de Guinée pour répondre globalement aux défis en matière conservation et de gestion durable des Forêts, à savoir la CEDEAO et la COMIFAC.

Le Directeur Général de l’Office Ivoirien des Parcs et Réserve (OIPR), M. Adama TONDOSSAMA, a par la suite souligné l’impact négatif posé par les problèmes susmentionnés sur la couverture forestière en Côte d’Ivoire. Cette couverture forestières est en effet passée de 60% par rapport à la surface totale du pays en 1960,  à moins de 3millions d’hectares soit, moins de 17% aujourd’hui. Cette situation alarmante a conduit le Gouvernement Ivoirien a revoir son dispositif législatif et réglementaire en matière de gestion des écosystèmes forestiers, entre autre la création de l’OPIR, l’octroi des droits directs aux populations sur des ressources forestières sur pied dans le domaine forestier rural, etc. Le Gouvernement ivoirien a également mis en place un Programme cadre de gestion des Aires protégées, et une Fondation pour le financement durable des Aires protégées.

Prenant la parole à son tour, Mme Aïda M’BO KEÏTA, Ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement Durable du Mali, a fait une emphase sur le rôle de paravent que jouent simultanément le Golfe de Guinée et le Mali, l’un pour l’autre, puis que la Mali est un pays sahélien, servant de tampon entre les forêts du Golfe de Guinée et le désert. En effet, d’après les conclusions de l’étude réalisée au Mali en 2009, l’inaction du Gouvernement pour la conservation des ressources naturelles du Mali, coûtera 21% de son PIB, ce qui est énorme pour le pays. pour Mme la Ministre malienne, les défis sont les mêmes au Mali que dans les autres pays du Glofe de Guinée. Elle a surtout insisté sur (i) la nécessité de développer des Activités Génératrices des Revenus pour les populations locales et autochtones, afin qu’elles contribuent efficacement à conserver la biodiversité de nos écosystèmes, (ii) la promotion du Partenariat public-privé (3 conventions sont en cours au Mali) et, (iii) entreprendre les réformes institutionnelles, avec des formes de fiscalités environnementales pour soutenir la réalisation de certaines activités au niveau local, ainsi que par exemple ‘la Grande muraille verte ». Elle a aussi, évoqué la crise au Nord du Mali qui constitue une importante menace pour les écosystèmes et qu’il faut pourtant protéger.

Les échanges entre le Panel de haut niveau et l’assistance ont permis d’approfondir les différents points et des recommandations ont été formulées, dont la plus importante est la poursuite du dialogue et la collaboration, entre l’Afrique Centrale et Occidentale pour la conservation et la gestion durables des écosystèmes forestiers du Glofe de Guinée, ainsi que pour l’amélioration des conditions de vie des populations  autochtones et locales.
 

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