Troisième édition du FIPAC : le Gouvernement congolais transfert la gestion du Forum et de son siège à la CEEAC et la COMIFAC

Impfondo, capitale du département de la Likouala au Nord du Congo Brazzaville a accueilli, du 04 au 07 mars 2014, les travaux de la troisième  édition du Forum International sur les Peuples Autochtones (FIPAC). Placé sous le thème «  Populations autochtones Savoir-faire traditionnels et économie verte », le FIPAC est avant tout un outil de promotion des droits des peuples autochtones et de leur intégration. Cette troisième édition a été rehaussée par la présence remarquée de trois Chefs d’Etat africains, en l’occurrence leurs Excellences  Dénis SASSOU NGUESSO, Président du Congo, Idriss DEBY ITNO, Président du Tchad et Thomas Boni YAYI, Président du Bénin. 
 
Organisée par la CEEAC et le Gouvernement congolais avec l’appui de la COMIFAC et du REPALEAC, la troisième édition du FIPAC a été surtout marquée par  l’inauguration du siège FIPAC et la signature de convention de transfert du site FIPAC du Gouvernement congolais à  la  Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC).

 L’ouverture des travaux du segment technique a débuté le 04 mars dans la salle de conférence du village FIPAC, en présence de près de trois cent délégations venues de toute la région et même des caraïbes. Plusieurs discours ont ponctué  cette cérémonie, en particulier ceux de la Représentante  des peuples autochtones, du Secrétaire Exécutif Adjoint de la COMIFAC, du Directeur du Programme de l’UICN Cameroun, du Secrétaire Général de la CEEAC, et du Ministre Congolais de l’Economie Forestière et du Développement Durable.
« La troisième édition du FIPAC placée sous le thème Populations autochtones, Savoir-faire traditionnels et économie verte, est   une bonne opportunité de valoriser et de promouvoir  notre savoir faire traditionnels qui n’ont jamais été tenus en considération » a souligné la Représentante des populations autochtones.

Le Secrétaire Exécutif de la COMIFAC a quant à lui affirmé ce qui suit : « La COMIFAC a quant à elle toujours considéré les populations autochtones  comme une composante sociologique majeure pour la gestion et la valorisation durable des ressources biologiques. C’est ainsi que son Plan de Convergence a prévu plusieurs actions en faveur de la sécurisation des terroirs des peuples autochtones et à leur participation  effective à la gestion des ressources forestières ». Pour terminer son propos, il a fait appel à la responsabilité collective afin d’œuvrer pour le développement et la mise en œuvre de ce programme spécifique qui va contribuer à terme à l’amélioration des conditions de vie des populations autochtones.

L’UICN, par la voix de son Directeur de Programme Cameroun a pris l’engagement de travailler en étroite collaboration avec les pays d’Afrique Centrale pour mobiliser les ressources financières, matérielles et stratégiques pour la mise en œuvre des initiatives en faveur de la valorisation des savoir-faire traditionnels des populations autochtones et locales.

Le Secrétaire Général de la CEEAC, l’Ambassadeur Ahmad ALLAM-MI a pour sa part parlé de l’importance que la CEEAC accorde à l’économie des savoir-faire traditionnels. Il a souligné à propos : « Pour la CEEAC, l’économie des savoir-faire traditionnels est un outil efficace et innovateur dans la recherche des solutions pour l’intégration économique des populations autochtones, l’amélioration des conditions de vie des populations locales et autochtones, la valorisation de la biodiversité et la création d’emplois tant dans les zones rurales que dans les villes ».

Cette série  de discours a été clôturé par celui du Ministre congolais qui a procédé à l’ouverture des travaux en rappelant avec beaucoup d’enthousiasme l’intérêt  du FIPAC. Il a à cet effet martelé ce qui suit : « Ce Forum a été conçu pour être un haut lieu d’échanges et de partage d’expérience sur la problématique autochtone en Afrique Centrale. Il offre une opportunité d’expression des valeurs culturelles et traditionnelles susceptibles de soutenir le développement durable et de promouvoir  la coopération et l’intégration  sous-régionale sur la question autochtone  dans le Bassin du Congo ».

Après cette ouverture, les experts ont eu pendant trois jours à travers des sessions plénières et travaux de groupes à examiner et préparer les différents dossiers à soumettre à l’appréciation des Ministres. 

L’édition 2013 du FIPAC a connu ses moments forts le jeudi 06 mars, avec la présence des Chefs d’Etat leurs Excellences   Boni YAYI du Bénin,  Idriss DEBY ITNO du Tchad  et Dénis SASSOU NGUESSO du Congo Brazzaville  qui ont assisté à la cérémonie  d’inauguration et de transfert de la gestion du FIPAC du Gouvernement congolais à la CEEAC. A cet effet, les deux Présidents S.E. Idriss DEBY en qualité de Président en exercice de la CEEAC et S.E. Dénis SASSOU NGUESSO ont procédé à la signature de la convention de transfert de la gestion du FIPAC à la CEEAC. Cette cérémonie s’est terminée par une visite guidée du village FIPAC effectuée par les trois Présidents, le Secrétaire Général de la CEEAC et les diverses personnalités présentes.

Les travaux du segment des ministres ont eu lieu le 07 mars 2014.  La cérémonie d’ouverture a été présidée par le Président de la République du Congo, son Excellence Dénis SASSOU NGUESSO.  Après le passage de plusieurs responsables d’institutions internationales et sous régionales à la tribune pour leurs allocutions, le Chef de l’Etat a ouvert les travaux. Il a dans son discours  fustigé la bio piraterie comme un véritable scandale et dont les  victimes sont les populations autochtones. «  … Certains chercheurs et certaines entreprises s’accaparent les droits sur le matériel biogénétique, les techniques et les savoirs  traditionnels. Ils privent ainsi les communautés détentrices  de ces ressources ou de ces  savoirs de leur droit légitime. C’est le cas, hélas, des  peuples autochtones et des Etats concernés. Il est temps que soit mis un terme à cette immoralité », a –t-il martelé.
La cérémonie de clôture du FIPAC a été présidée par le Ministre Henri DJOMBO, représentant le Président de la République du Congo. Un communiqué final sanctionnant les travaux des ministres, de même qu’une déclaration ministérielle adoptée sur la promotion et le développement de l’économie des savoir-faire traditionnels des peuples autochtones ont été lus. Une feuille de route pour finaliser le processus d’institutionnalisation et de gestion du FIPAC a été convenue.

Le FIPAC a été l’occasion pour  la COMIFAC et le PACEBCo d’informer le large public sur leurs missions et activités respectives.  A cet effet, un stand a été érigé pour assurer la visibilité de l’institution. Ce stand a connu une forte fréquentation des populations autochtones et de nombreux autres participants au forum.

A titre de rappel, le FIPAC a démarré en avril 2007  et a connu une deuxième édition en mars 2011. La construction de son site  a coûté à l’Etat congolais la bagatelle somme de 1, 8 milliard de francs CFA, construit sur un terrain de 184 hectares. Ce site comporte un bloc administratif et d’un complexe touristique.

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