Visite au Siège du Secrétariat Exécutif de la COMIFAC de M. Nicolas Hulot, envoyé spécial du Président français pour la protection de la nature

Visite au Siège du Secrétariat Exécutif de la  COMIFAC de M. Nicolas Hulot, envoyé spécial du Président français  pour la protection de la nature
Le Secrétariat Exécutif de la COMIFAC a reçu dans ses locaux, ce vendredi, 14 juin 2013, la visite de M. Nicolas HULOT, envoyé spécial du Président de la République française  pour la protection de la planète. Cette visite de travail  a eu  pour objectif le dialogue et la concertation dans la perspective des grandes échéances climatiques  et environnementales  de 2015.
 
C’est vendredi en milieu d’après-midi  que M. Nicolas Hulot est arrivé au Siège de la COMIFAC accompagné  de Madame Stéphanie  LUX , Conseillère à la Présidence de la République Française, de M. Mathieu LEGRIX ,   Chargé de mission de l’AFD au Cameroun, de MM. Jean Charles ALLARD et Eric Force, respectivement  1er Conseiller  et Attaché de coopération de l’ambassade de France au Cameroun. Les échanges ont porté entre autres sur la protection de certaines espèces menacées  et sur la gestion  durable des forêts. 
 
Après  avoir souhaité la bienvenue à toute la délégation, M. Raymond MBITIKON, Secrétaire Exécutif de la COMIFAC  a fait un bref exposé sur  l‘historique  de la COMIFAC. Il a ensuite procédé à la présentation du Personnel de la COMIFAC  et celle des responsables des projets sous la coordination  technique de la COMIFAC.
 
 M. HULOT, prenant la parole a tenu à expliquer  le contexte de sa visite. Il a en effet souligné qu’il essaie de s’occuper d’une mission  que le Président de la République française lui a  confiée : celle de faire remonter à la surface un  certain nombre de sujets  qui leur paraissent  des enjeux fondamentaux et qu’il met au chapitre des enjeux universels.  A propos, il a souligné  « L’idée pour moi c’est que notamment  au niveau  des responsable politiques, au niveau  des opinions de nos sociétés, au niveau des observateurs, qu’on fasse remonter ces sujets dans  la grille de lecture, tout simplement parce que si l’on veut pouvoir mobiliser les moyens et les bonnes volontés de process et de technologie,  il est important que l’on en comprenne la pertinence et l’importance ;  éventuellement l’on identifie les pistes de solutions.  C’est le rôle qui m’a été confié  à la fois dans le cadre de l’accueil par la France en 2015   de la conférence internationale sur le climat, d’essayer de renforcer nos alliances sur ces sujets là ; puis d’essayer d’identifier ce que l’on pourra capitaliser en terme de processus de négociation pour ne pas répéter un ultime échec  dans ce processus ».
 
Poursuivant son exposé, l’envoyé spécial du Président français a précisé que sa mission n’est pas de dire  ce qu’il faut faire. Ainsi, a-t-il mentionné « Je viens dans une attitude volontairement d’écoute, pour identifier ce qui fonctionne et surtout identifier aussi ce qui pourrait fonctionner mieux ;  identifier les responsabilités des uns et des autres, voire la part que  nous ne  pouvons prendre, parce qu’il y a des causes dans ses problématiques qui sont évidemment multiples et très complexes ». Il a à cet effet, exposé sur  les différents constats qu’il a eu à faire concernant l’enjeu climatique qui,  à son avis ne doit  pas releguer au second plan des enjeux qui sont aussi importants et d’ailleurs parfois amplifiés par le changement climatique :  c’est le cas des sujets  de biodiversité, de  désertification,  des sujets liés à l’océan et ceux qu’il a appelés  biens communs.  En accord avec le Président  français, M. HULOT a  souhaité  pour  ce premier voyage important,  mettre un accent  autour du thème des éléphants.  Il considère l’éléphant comme un indicateur que l’on ne peut isoler  de l’ensemble des problématiques liées à la gestion de la forêt.  Ainsi, l’éléphant  reste un symbole autour duquel on peut réveiller les consciences.  Il a clairement mentionné ce qui suit : « J’ai été alerté à plusieurs reprises et j’ai pu le constater sur le terrain, de la rapidité  avec laquelle le sort  des éléphants, notamment les éléphants des forêts est entrain de s’accélérer depuis quelques années et je ne peux pas, ayant accepté cette mission,  me résigner et  ne pas tenter au moins d’utiliser ce à quoi cette mission me donne en terme de possibilité de l’utiliser. C’est la raison pour laquelle j’ai fait  ce voyage et cette mission consacrée à l’éléphant ».
 
Cette mission selon M. HULOT est dans  un premier temps consacrée à ses propres responsabilités  en Europe, c'est-à-dire faire connaître ce qu’ils ont  déjà fait à travers la coopération en faveur des éléphants, etc. Quels étaient  les responsabilités dans le trafic des espèces menacées au niveau européen notamment au niveau de la France, parce qu’il y a un certain nombre de choses qui transitent par la France notamment à travers ses ports.  Il a déclaré : « J’ai découvert que la coordination des services et les moyens qui sont alloués à ce trafic, si on veut être sincère, ne sont pas à la dimension des enjeux.  C’est dans ce sens que nous avons reçu à l’Elysée, la patronne de l’Interpol et l’officier britannique  qui est chargé au sein de l’Interpol de la cellule sur le trafic des espèces   menacées ».  Il a renchéri ses propos  en affirmant que « Cela  m’a permis de me rendre compte qu’il y avait une  bonne volonté mais un déficit de moyens importants ;  et ça me permet aussi d’identifier pour ce qui est de notre responsabilité, un certain nombre de choses sur lequel  à l’issue de cette mission,  on pourra essayer de faire pression pour améliorer l’efficacité et les moyens sur ses sujets là ». 
 
Enfin pour terminer son intervention, M. HULOT  a soulevé d’autres problématiques derrière les éléphants, celles liées notamment à la gouvernance, à la corruption, à la pauvreté et aux conflits hommes –éléphants.  Aujourd’hui  une autre problématique s’est ajoutée  renchérit M. HULOT, c’est celle de la criminalité organisée  qui met les acteurs usuels dans une situation de désarroi parce que par définition, un ranger, un éco garde, un garde forestier n’a pas été formé, et  n’est pas payé pour donner sa vie pour défendre les éléphants, quand bien même l’éléphant ferait  t-il partie du patrimoine de l’humanité, a-t-il souligné. Et pour conclure, il a exhorté  la COMIFAC de traiter le problème de criminalité transfrontalière qui est aussi à la fois un problème de sécurité très important, dans une dimension plus globale et non selon les visions nationales.  
 
 La délégation est repartie très satisfaite des échanges avec un lot de documents clés relevant des activités de la COMIFAC.

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