Gouvernance forestière : la COMIFAC renforce la coopération régionale pour une gestion durable et une meilleure valorisation des ressources du Bassin du Congo

Douala, Cameroun | 10–11 août 2026

La 13ᵉ réunion du Groupe de Travail Gouvernance Forestière ouvre de nouvelles perspectives pour l’Afrique centrale

La Commission des Forêts d’Afrique Centrale (COMIFAC), avec l’appui de ses partenaires techniques et financiers, a organisé les 10 et 11 août 2026 à Douala, au Cameroun, la 13ᵉ réunion du Groupe de Travail Gouvernance Forestière (GTGF).

Cette rencontre stratégique a réuni des experts, responsables des administrations forestières des pays membres de la COMIFAC, points focaux du Forum des Nations Unies sur les Forêts (FNUF), représentants d’organisations sous-régionales, partenaires techniques et financiers ainsi que des acteurs de la société civile.

Les travaux ont porté sur les principaux enjeux liés à la gouvernance des ressources forestières, fauniques et halieutiques, leur contribution au développement économique et social des pays d’Afrique centrale, ainsi que sur le renforcement de la coopération régionale face aux défis environnementaux mondiaux.

Une gouvernance forestière au service du développement durable

Le Bassin du Congo constitue l’un des principaux patrimoines naturels de la planète. Ses forêts jouent un rôle essentiel dans la conservation de la biodiversité, la régulation du climat, le stockage du carbone, la protection des sols et des ressources en eau, mais également dans les moyens de subsistance de millions de personnes.

Dans ce contexte, la gouvernance forestière ne peut plus être envisagée uniquement sous l’angle de la conservation. Elle doit également contribuer à la création de valeur, à la diversification économique, à la création d’emplois et à l’amélioration des conditions de vie des populations.

Les échanges de Douala ont ainsi mis en évidence la nécessité de renforcer les politiques et mécanismes permettant de mieux valoriser durablement les ressources naturelles, tout en garantissant leur renouvellement et leur conservation.

Cette approche implique notamment l’amélioration de la transparence et de la traçabilité, le développement de la certification forestière, la transformation locale du bois et des produits forestiers non ligneux, ainsi qu’une implication accrue des communautés locales dans la gestion et la valorisation des ressources naturelles.

Tirer les enseignements des engagements précédents

L’un des temps forts de la rencontre a été l’examen de l’état de mise en œuvre des recommandations issues de la 12ᵉ réunion du GTGF.

Cette étape a permis aux participants d’apprécier les progrès réalisés, d’identifier les difficultés persistantes et de dégager les actions prioritaires à renforcer au niveau national et sous-régional.

Les participants ont également examiné les conclusions et orientations issues de la 21ᵉ session du Forum des Nations Unies sur les Forêts (FNUF21), tenue à New York du 11 au 15 mai 2026.

L’objectif est notamment de renforcer la cohérence entre les engagements internationaux et les politiques forestières mises en œuvre dans les pays d’Afrique centrale, tout en veillant à ce que les intérêts et priorités de la sous-région soient mieux pris en compte dans les espaces internationaux de décision.

Renforcer la position de l’Afrique centrale sur la scène internationale

Les discussions ont souligné l’importance d’un plaidoyer régional renforcé en faveur des forêts du Bassin du Congo.

Dans un contexte marqué par les enjeux liés au changement climatique, à la biodiversité, au financement de la conservation et au développement durable, les pays de la COMIFAC sont appelés à renforcer leur présence et leur participation aux processus internationaux relatifs aux forêts et à l’environnement.

La mobilisation d’une diplomatie environnementale concertée apparaît ainsi comme un levier essentiel pour défendre les intérêts de l’Afrique centrale, promouvoir la reconnaissance des efforts de conservation réalisés par les pays du Bassin du Congo et faciliter l’accès aux mécanismes de financement internationaux.

Des ressources forestières comme levier de croissance durable

La rencontre de Douala a également permis de replacer la question de la valorisation économique durable des ressources naturelles au cœur des réflexions sur la gouvernance forestière.

Les ressources forestières, fauniques et halieutiques constituent un important capital naturel pour les économies de la sous-région. Toutefois, leur contribution au développement reste confrontée à plusieurs défis, notamment la gouvernance, la transformation industrielle, la certification, la mobilisation des financements et le partage équitable des bénéfices.

L’enjeu consiste donc à passer progressivement d’une logique principalement fondée sur l’exploitation et l’exportation des matières premières vers une économie forestière davantage orientée vers la transformation locale, la création de valeur ajoutée et le développement de chaînes de valeur durables.

Cette orientation rejoint les efforts engagés au niveau régional pour promouvoir une industrialisation durable de la filière bois et renforcer la contribution du secteur forestier aux économies nationales.

Capital naturel, climat et biodiversité au cœur des nouvelles approches

Les travaux ont également permis de mettre en évidence l’importance croissante de la notion de capital naturel dans les politiques publiques.

La valeur des forêts ne se limite pas aux produits commercialisables issus de leur exploitation. Elles fournissent également de nombreux services écosystémiques essentiels : stockage du carbone, régulation hydrologique, conservation des sols, maintien de la biodiversité, alimentation, produits médicinaux et développement d’activités écotouristiques.

La prise en compte de ces différentes dimensions dans la planification du développement pourrait permettre aux États de mieux apprécier la valeur réelle de leurs ressources naturelles et d’améliorer les arbitrages entre conservation, exploitation durable et développement économique.

Une feuille de route 2026–2027 pour accélérer l’action

À l’issue des travaux, les participants ont adopté une feuille de route 2026–2027 du Groupe de Travail Gouvernance Forestière, destinée à renforcer la coordination et le suivi des actions prioritaires en matière de gouvernance forestière.

Parmi les orientations mises en avant figurent notamment :

  • le renforcement de la participation stratégique des pays membres aux sessions du FNUF ;
  • l’amélioration de la remontée et du partage des données nationales ;
  • le suivi de la mise en œuvre des recommandations issues des processus internationaux, notamment du FNUF et de la CITES ;
  • le renforcement du plaidoyer et de la diplomatie environnementale ;
  • la mobilisation de ressources financières en faveur de la gouvernance forestière ;
  • l’intégration accrue des questions liées à la biodiversité, aux ressources fauniques et halieutiques ;
  • le renforcement de la participation des communautés locales et des autres parties prenantes ;
  • la poursuite de la coopération avec les partenaires techniques et financiers.

La feuille de route constitue ainsi un instrument destiné à traduire les orientations stratégiques du GTGF en actions concrètes et coordonnées.

Une dynamique partenariale renforcée

La 13ᵉ réunion du GTGF a également confirmé l’importance du partenariat entre la COMIFAC et les différentes institutions engagées dans la gestion durable des ressources naturelles du Bassin du Congo.

La coopération avec la FAO, ainsi qu’avec les organisations régionales et internationales, les institutions financières, les organisations de conservation, les centres de recherche et la société civile, demeure essentielle pour renforcer les capacités des pays et mobiliser les ressources nécessaires à la mise en œuvre des politiques forestières.

Cette dynamique partenariale doit également contribuer à faire émerger de nouvelles initiatives sous-régionales permettant de renforcer durablement la gouvernance des ressources forestières.

La COMIFAC, au cœur de la coordination régionale

À travers le Groupe de Travail Gouvernance Forestière, la COMIFAC poursuit sa mission d’harmonisation, d’orientation et de suivi des politiques forestières et environnementales des pays d’Afrique centrale.

La rencontre de Douala confirme la nécessité d’une action collective pour répondre aux défis auxquels sont confrontées les forêts du Bassin du Congo.

L’ambition est claire : construire une gouvernance forestière plus efficace, transparente, inclusive et capable de concilier conservation de la biodiversité, lutte contre le changement climatique, développement économique et amélioration des conditions de vie des populations.

La préservation du Bassin du Congo constitue une responsabilité partagée. Elle représente également une opportunité de construire une économie régionale fondée sur la valorisation durable du capital naturel.

Avec l’adoption de la feuille de route 2026–2027, la COMIFAC et ses partenaires disposent désormais d’un nouveau cadre pour poursuivre et renforcer cette dynamique.

La gouvernance forestière doit ainsi devenir un véritable levier de résilience, de développement durable et de prospérité partagée pour l’Afrique centrale.

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